Quand je suis sorti du métro ce soir, après ma journée de boulot, la première chose que j'ai senti fut que le temps semblait pesant...
Il y avait d'énormes nuages bas prêt à me tomber sur la tête, la lune les éclairait par transparence.
Une fine brume de pluie mêlée au vent chaud tombait en petit tas sur les troittoirs pendant que doucement la ville s'endort. J'ai pris le temps de rentrer à la maison pour une fois, je dois être "hors norme", car j'ai toujours adoré me balader sous la pluie, sentir le bitume qui rejette sa colère, sentir les gouttes qui carressent ma peau. Je dois être fou, mais peut être l'un des rares qui aiment ces moments là. Je ne saurais jamais vous dire pourquoi...
Moi qui pensais que j'allais passer une bonne journée aujourd'hui je me trompais. Après une nuit de sommeil de plus de10h (ouah, un record), direction boulot. Métro bondé car perturbations et foule en hystérie, chaque rame qui arrive a quai est bondée, les vieilles connes au carré Hermes jouent des coudent, tandis que les messieurs de la Té-Ci toujours aussi bien élevé se foutent de vous marcher sur les pieds ou pas... C'est finalement à la 5 eme rame de métro ratée que je me décide à devenir "un vrai con de Marseillais", je pousse une vieille qui finira "Out" pour espèrer arriver au magasin à l'heure. Boulot, journée horrible, suite à différents "remodeling" des rayons, les clients sont perdus et agressifs et l'équipe dans laquelle je bosse est "totalement inactive". Alors au bout de la mi-journée, agacé de jouer la "maman" avec mes deux collègues de 40 balais, je pète mon cable et envois tout le monde chier. (Ils l'ont mérité, je n'abuse pas). Puis prends mon courage à deux mains et monte dans le bureau de Madame la Chef.
S'en suivra une longue discussion sur les conditions de travail et mon ras le bol général de prendre tout en charge... puis d'une menace.
Celle de tout lacher ou de me faire muter.
La nouvelle a fait son effet.
Alors, ces soirées de brumes, ces soirées de pluie, quand je prends le temps de rentrer à la maison, c'est un peu comme si je voulais qu'elles me lavent.
Qu'elles me lavent de tous ce que les gens ont foutus à l'intérieur de moi, de toute cette merde...
parce qu'un jour, je ne voudrais certainement pas leur ressembler...


