PANNE DE COURANT
ET PANNE DE COEUR...
Il arrive parfois que l'on se batte avec les mauvaises armes. Mais persuadé de nos forces et de notre volonté nous pensons que nous y arriveront coûte que coûte. L'addition est souvent salé, elle nous laisse un goût amer dans la bouche dont nous avons bien du mal à nous débarrasser.
J'ai passé une mauvaise journée. Métro bondé, retard dans les correspondances, sprint final jusqu'au boulot, tout ça pour me retrouver autour de gens bruyants, impolis et énervés. Ça y est, on sent déjà que les fêtes de noel tapent sur le cerveau de tout le monde. Putain de fêtes de merde. Horribles guirlandes lumineuses qui scintillent sans interruptions... Affluence record en magasin de jours en jours, ma journée fut pourrie.
Pourrie par tous les intérimaires qui commençaient aujourd'hui, et pour lesquels il a fallu corriger les bourdes, les unes après les unes, minutes après minutes... Pour finir la journée avec une heure de retard, exténué, et entendre dire la chef "qu'il va falloir s'y faire..."
A quoi ? Aux connards frustrés qui ne veulent pas dépenser leur argent mais qui finiront par le faire en vous le faisant payer psychologiquement. Aux intérimaires qui n'en n'ont rien a foutre. Au stress. Au bruit. A la fatigue. Aux insomnies...
En rentrant ce soir, sur le chemin du retour, une partie de Marseille s'est retrouvée plongée dans le noir. Panne de courant. J'ai adoré. Tout a coup, toutes les décorations criardes ont disparu dans le noir... et j'ai marché, marché tranquillement jusqu'a la maison, mon ombre dansait contre les murs des qu'une voiture me croisait... Doucement j'ai fais le vide, la journée était terminée.
Jusqu'à il y a une heure. 23h30, ma cousine m'envoie un message via MSN. Elle me parle du repas de noel. Car cette année, malgré le repas de noel d'il y a deux ans ou j'avais essayer de renouer contact avec mon père en vain... j'ai décidé de refaire une tentative... D'essayer de refaire surface auprès de la famille, chose qui m'a demandé un grand effort, et de m'y préparer...
Ma cousine m'annonce :
"Tu es au courant que ton père ne sera pas là ? Il fête noel du coté de la famille a sa copine"
J'ai eu cette impression horrible de ne pas exister, respirer, ni même que quelqu'un puisse me considérer ou pire, m'aimer.
Il arrive parfois que l'on se batte avec les mauvaises armes... C'est décourageant me direz-vous. Mais quand on se bat contre du vent, quand on se bat contre soi, que l'on ravale toute sa rancoeur, toutes ses années de silence, pour espérer exister un instant dans le regard de son père, et que celui ci... vous tourne encore une fois le dos... Pouvez vous me dire, ce que l'on a le droit de ressentir ? On a bien plus qu'un goût amer au fond de la bouche, dont on a du mal a se débarrasser...