INSOUTENABLE CRUAUTE
Jusqu'où peut on aller par amour ? Jusqu'où peut on aller pour entre dans la "normalité", la vie sociale et ses clichés ? Est-on prêt à payer le prix fort pour quelques instants de bonheur et d'insouciance. Hier, en deuxième partie de soirée sur TF1, l'émission
"C'est quoi l'amour" présentait des couples handicapés moteur qui ont décidé de vivre une vie de famille comme des personnes lambda.
Vivre une vie de famille en donnant naissance à leur enfant en décidant de "jouer" dangereusement avec l'avenir de ces derniers.
En effet, dans un premier reportage, l'enfant du couple était touché héréditairement par handicap de ses parents... voyant dès les premiers instants sa vie "meurtrie" jusqu'a son dernier souffle... D'autres reportages ont suivis, toujours plus "touchants" mais toujours aussi "bouleversants".
Effectivement, comment faire la part des choses, nous qui ne connaissons en aucun cas, les souffrances et les aspirations de ces parents que l'ont pourrait qualifier a la fois de "fous" et de "courageux".
En me plaçant tout de suite du côté des parents, moi même étant Gay et donc différent, je me suis dis : "Et pourquoi les handicapés, déjà suffisamment mis à l'écart dans notre société (pour ne pas dire rejetés), n'auraient ils pas droit à la même vie que les autres ? Pourquoi n'auraient ils pas droit au respect, à la reconnaissance de leur forces et envie de vivre et de se battre ? Pourquoi dans leur combat et leur souffrance, ceux là n'auraient ils pas le droit au bonheur, à ces choses si naturelles ? Pourquoi devraient ils se battre pour faire accepter leur choix, leur mode de vie.
Pourquoi cette différence nous fait-elle peur ?
Et puis j'ai pensé aux enfants, ou plutôt à l'enfance et à l'adolescence. Période de nos vies ou je pense, nous avons tous souffert, ou nous avons tous été mis face au mur et face à la cruauté des enfants, à la méchanceté ou à la crise d'identité, au rejet de l'image familiale...
A ton le droit de prendre le risque que son enfant puisse souffrir d'avantage en naissant handicapé, en sachant que nous allons pouvoir transmettre à celui ci un fardeau insoutenable qu'il portera toute sa vie... et qui s'alourdira le jour ou nous ne serons plus là. N'est ce pas un comportement égoïste ? Un insoutenable mensonge de se dire que nous avons le droit d'être comme tout le monde ? Un mensonge qui nous persuade que nous sommes en vie, encore... Une sorte de preuve
illégitime ?
Mais nous posons nous les bonnes questions ? Que demande un enfant avant toute chose. De quoi a t'il vraiment besoin au delà de tout...
D'être aimé, de se sentir encadré, d'avoir de vrai repère familiaux non ? Pourquoi ne pourraient ils pas être plus heureux qu'un autre ?
Ou faut-il se positionner de l'autre coté en appliquant un proverbe vieux comme le monde, coûte que coûte : "La santé avant tout "
Qui sont vraiment les égoïstes, ou ceux qui font le mauvais choix ? Peut on le dire ?